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Les groupes paramilitaires pro-russes en Europe Centrale

Une multitude de groupes d’ auto-défense soutenus par la Russie s’est formée dans  un certain nombre de pays de l’ UE pendant les deux dernières années. L’un  d’entre eux est actif, par exemple, en Bulgarie [1] . Il semble que  l’Europe Centrale fait également partie des régions ciblées par activité subversive de la Russie. Dans cet article, nous parlerons de la formation et du développement des mouvements dit «d’ auto-défense» slovaques et tchèques.

Pour comprendre les événements qui se passent actuellement dans les pays de l’Europe Centrale, dans un contexte plus large, il est nécessaire de retourner dans le passé, pas si lointain, dans les années 1990. À cette époque, à l’initiative des dirigeants du groupe des pays de Visegrad [2], qui inclut les Républiques Tchèque et Slovaque,  les troupes soviétiques ont été retirées des territoires de ces pays.

La période d’après -révolution était caractérisée comme étant pleine d’espoirs et d’une certaine euphorie, mais beaucoup de choses importantes ont été oubliées dans la précipitation générale. L’absence temporaire de services de renseignement tchèque et slovaque posait un sérieux problème. Les services de sécurité nationale d’autrefois, (StB), subordonnés à Moscou, ont été immédiatement reformés, sans prévenir, et la nouvelle structure,  du style analogique a été bâtie “sur place nette”. Le nouveau service de sécurité, FBIS, après la division de la Tchécoslovaquie en deux républiques, s’est transformée en BIS en République Tchèque et SIS en Slovaquie.

[3]Le retrait des troupes soviétiques a bien eu lieu, mais, en même temps, le vaste réseau des agents de renseignement soviétiques a été totalement oublié. Ces réseaux, dans les deux républiques, sont restés  et agissaient plus ou moins sans interruption. Dans les années 90, certains agents soviétiques et, par la suite, russes ont participé à la privatisation sauvage  et au pillage des entreprises d’État. La situation s’est un peu stabilisée après l’an 2000, jusqu’à 2004, l’année où la République Tchèque a rejoint l’UE. En même temps, le Gouvernement tchèque a commencé les discussions avec celui des États-Unis, concernant le déploiement [4] du dispositif le la défense aérienne sur le territoire de la République Tchèque. La Russie n’a pas du tout apprécié ces intentions et, en 2006-2007, l’activité des services de renseignement russes en République Tchèque s’est considérablement accrue. En agissant en même temps, au sein du mouvement des citoyens  “Non aux bases militaires !” coordonné par l’ambassade de la Russie, l’opinion publique contre le déploiement du radar, s’est formé. Finalement, les États-Unis ont abandonné cette idée.

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La période jusqu’à 2001, relativement courte, peut être caractérisée comme étant assez calme, par rapport à l’activité des services secrets russes qui agissaient discrètement, en introduisant leurs agents au sein des organisations publiques et à but non-lucratif. En 2012, en République Tchèque, un groupe Facebook [6] fait son apparition, ensuite cela devient une initiative publique sous le nom de “ Militaires-réservistes tchèques contre la  guerre projetée par le commandement de l’OTAN” [7].  Cette organisation agissait, de préférence, sur les réseaux sociaux, en organisant de temps en temps, une sorte d’exercices militaires pour ses membres.

En 2013, en Slovaquie, le groupe “Les Conscrits Slovaques [8]” (Slovenskí branci)   est créé. Ses membres ce sont surtout les jeunes hommes entre 17 et 19 ans. Les soi-disant conscrits font une formation militaire en Russie, directement au sein du spetsnaz de GRU, et, à leur retour en Slovaquie, ils continuent la formation parfois encadrée par un instructeur militaire, qui vient de temps en temps en Slovaquie depuis la Russie pour enseigner l’art de combat russe”Systema”. Il ne faut pas non plus oublier le projet “Orion” [9] qui, sous couvert du concept de la vie saine,  procède au recrutement des autres commandos. La revue  Týden [10]  parlait des “Conscrits slovaques” encore en 2015.

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En même temps, en République Tchèque, l’organisation “Les militaires réservistes tchèques” est dissoute. Presque tout de suite, une nouvelle organisation [13] “’Auto défense [14]nationale” (Národní domobrana ) est créée. Son dirigeant, l’officier à la retraite, vétéran d’Afghanistan, médecin, Marek Obrtel [15]déjà faisait partie des dirigeants de l’organisation des militaires réservistes. Mais le docteur Obrtel n’était qu’une « vitrine » pour les médias. En réalité, d’autres personnes dirigeaient l’organisation. Comme le militant pas très connu du large public, Vladimir Prokes [16] et la militante populiste Sona Csifary [17].  Ces deux personnes ont des liens avec un militant de gauche, Mikhaîl Ulvr qui, à son tour, a des liens étroits avec l’ambassade russe. Il le déclare ouvertement  dans les médias tchèques.  ( Respekt [18] du  29 mars 2015 ). En outre, cette organisation a des liens avec le parti  National-démocratique [19] (Národní demokracie) de l’extrême droite, dont le leader est un militant-populiste très connu, Adam B. Bartos [20]. L’ “Autodéfense Nationale” est très présente sur les réseaux sociaux.  Au printemps de cette année, ils envoient leurs représentants dans l’Est de l’Ukraine, contrôlé par les séparatistes et en parlent sur leur page Facebook [21]., diffusent la vidéo [22] de la conférence de presse, disponible aussi en russe.

Pendant la visite du groupe de milices tchèques, ils se sont, entre autre, entraînés à “défendre une république séparatiste”. Après le retour des territoires ukrainiennes  contrôlés par les séparatistes,  “l’Auto défense nationale” a diffusée une revue de presse, où déclare l’ouverture, à Ostrava, d’un Centre d’information des DNR et LNR [23]. Nela Liskova [24] devient le  consul honoraire de cette représentation. Elle s’occupe, jusqu’à présent du PR de l’organisation “l’Auto défense nationale” (message [25] publié sur le site de la soi-disant “ministère des affaires étrangères de la DNR” et la vidéo [26] de la conférence de presse,- NDLE ). En même temps, la création du Centre, n’est qu’une action purement publicitaire. En effet, à l’adresse indiquée se trouve un bâtiment, à moitié détruit, non-conforme aux normes où n’importe quelle promotion informationnelle ou culturelle s’avère impossible.

Sur le logo de l’”Autodéfense nationale” il y a une tête de loup tout comme sur celui de la formation bulgare de ce genre.  Même si l’activité de l “Auto défense nationale” semble se limiter à la médecine et aux opérations, personne n’est en mesure de prévoir, quels seront les résultats à long terme de cette activité subversive de la Russie en République Tchèque. En ce qui concerne les “Conscrits Slovaques”, la formation est encore plus dangereuse, compte tenu de la préparation militaire de ses membres effectuée au sein du spetsnaz.

Les politiciens tchèques et slovaques préfèrent éviter des commentaires concernant les “milices” et, même, s’ils le font, c’est très évasif et bref. Le populisme de certains politiciens tchèques et slovaques constitue un autre problème, comme se servir des peurs de la population envers des réfugiés, et signifie, par le biais des déclarations, jouer le jeu de la propagande russe. Les organismes sécuritaires de ces 2 États, tant la police que le service de renseignement se retrouvent pratiquement inefficaces dans cette situation.

Par le bénévole de l’organisation “Maïdan de Prague” [27] Marketa Krnanska [27], en exclusivité pour InformNapalm.

Photo de couverture par  Novinky.cz [28]

Traduction de Viktoria Mait

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