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L’ART DU MENSONGE, DU MAQUILLAGE ET DE LA PROPAGANDE

L’art du maquillage et de la dissimulation remonte à loin en Russie. Déjà en 1787 le prince Grigori Potemkine avait préparé la visite de Catherine II en Crimée en érigeant de luxueuses façades à base de carton-pâte dans les villages visités par la tsarine afin de masquer la pauvreté et la misère, d’où l’expression « villages Potemkine » pour désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande.

En 1933, c’est les autorités bolchéviques qui invitent Edouard Herriot à visiter l’Ukraine, car en Occident on commence à parler d’une famine artificielle*) organisée par Staline. Extrait de la brochure de Francis Bergeron**) relatant la visite – je cite des extraits : « Edouard Herriot, chef du parti radical et maire de Lyon, fit un voyage en URSS à la fin de l’été 1933, et joua, pour sa part, avec un brio certain, le rôle de l’idiot utile, si cher à Lénine.
Du 26 au 31 août 1933, Herriot va parcourir cette Ukraine que la faim, la misère et la collectivisation sont en train de vider peu à peu de ses habitants. Ce politicien que l’on disait si habile, si fin (comme en témoignent certaines de ses œuvres littéraires) fut victime, de la part des Soviets, du plus sinistre des canulars.

On lui fit en effet découvrir une fausse URSS, où les ouvriers et les paysans étaient des agents du NKVD déguisés. A Odessa, Kiev, il visita des entrepôts de tracteurs et des usines amoureusement préparées en vue de cette visite. Il alla dans les kolkhozes, demanda à voir un village éprouvé par cette famine dont la nouvelle avait filtré jusqu’en Occident : on lui fit traverser le plus pimpant des villages (ndlr : village « Potemkine), spécimen aménagé spécialement pour les touristes occidentaux.

Visitant une cantine, il goûta la soupe et s’exclama : « Je puis certifier que la soupe est excellente. S’il en est ainsi de tout, c’est un restaurant digne de Lyon, la ville la plus gourmande de France ». Pendant ce temps, des miliciens en armes tenaient hors de sa vue les mendiants et les bandes d’enfants faméliques.
« Lorsqu’on soutient que l’Ukraine est dévastée par la famine, permettez-moi de hausser les épaules », déclara-t-il encore. Certains des Français qui l’accompagnaient s’étonnèrent cependant d’avoir aperçu, par les fenêtres du train, des tas de hardes à forme vaguement humaine, au bord des routes : c’étaient en fait les cadavres des affamés tombés d’épuisement.
Herriot, lui, ne voit rien d’autre que ce que ses mystificateurs lui présentent. Celui que Léon Daudet appelait « l’imposteur chaleureux » avait lui-même été la consentante victime d’une imposture. » (Fin de citation).
Je passerai sous silence les récits enthousiastes fait par les membres du PC français et de la CGT lorsqu ’ ils revenaient de leurs « voyages d’études » en URSS, en effet pendant leurs séjours ils étaient gavés de caviar, de champagne de Crimée et bien sûr de vodka – le paradis sur terre. Malgré toutes les exactions du régime de Moscou – Georges Marchais***) , autre idiot utile qualifiait le bilan de l’URSS de « globalement positif ».
Aujourd’hui cet art du maquillage et du mensonge se perpétue, les fameux convois d’aide humanitaires, ces beaux camions « potemkine » blancs n’ont rien d’humanitaires, ils ramènent des armes, des munitions, du ravitaillement et des combattants dans le Donbass et repartent en Russie avec les morts, les blessés et du matériel de haute technologie volé dans les usines d’armements ukrainiennes du Donbass. Comme on le voit la Russie est passée maître dans l’art du maquillage, du mensonge et de la propagande, et malheureusement les idiots utiles ne manquent dans la classe politique et journalistique française pour relayer la propagande soigneusement préparée par le FSB et le pouvoir russe.


par A.T-D, le 23.01.2015

Plus sur Édouard Herriot et « les idiots utiles » dans cet article du blog de Gilles.


*)HOLODOMOR – famine génocide de 1932/ 33 qui a fait entre 5 et 6 millions de morts en Ukraine
**) Extrait de la brochure de Francis Bergeron, Le Goulag avant le Goulag, Cahiers du Cices, 1987
***) Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994

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