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La Russie mène une guerre hybride à l’aide de son armée hybride

Regardez notre vidéo sous-titrée en français, en bas de ce texte ou sur notre chaîne You Tube.

À ce jour, il est tout à fait clair que la Russie mène une guerre qu’on appelle désormais la guerre hybride.

Wikipédia la définit comme suit : « La guerre hybride est une stratégie militaire combinant la guerre ordinaire avec la guérilla et la cyber-guerre ».

Nous pensons en réalité que tout est bien plus compliqué. La Russie mène également la guerre sur le front économique, social, psychologique, politique et celui de l’information.

Elle emploie TOUS LES MOYENS POSSIBLES.

Mais… il faut comprendre et dire que la Russie mène cette guerre à l’aide de son armée HYBRIDE. En gros, nous savons déjà comment est cette armée. Elle est composée de milices, politiciens, juges, juristes (et tant d’autres) et, enfin, de sa propre « armée ». Mais tout n’est pas si simple.

L’armée russe est composée

1. de Cosaques (qui sont un peu miliciens, un peu soldats)

2. de soldats de l’armée régulière, comme la nôtre

3. de mercenaires tchétchènes (qui sont très nombreux et sont liés à Kadyrov)

4. d’autres mercenaires (comme les serbes ou bien d’autres soldats aux traits asiatiques)

5. d’anciens « berkout » (l’unité spéciale rattachée au Ministère ukrainien de l’Intérieur, dissoute)

6. de russes ethniques qui habitent en Ukraine et qui ont rejoint cette armée

7. de la 5ème colonne (les habitants locaux agissant comme des espions étrangers)

8. de « touristes » russes (les nationalistes qui se font passer pour des ukrainiens)

9. de vrais acteurs et actrices (utilisés pour la propagande) ou ceux qui cherchent à poser devant les caméras occidentales pour jouer leur rôle à eux et faire leur part de la propagande)

10. de soldats et officiers ukrainiens (qui ont soit déserté l’armée ukrainienne, soit continuent d’y servir en tant que traîtres et espions)

11. d’autorités criminelles locales, formées et approvisionnées en armes

12. de décervelés locaux (ils sont cantonnés sur les checkpoints et donnent des interviews aux médias occidentaux)

13. d’habitants locaux, qui ont été forcés à prendre les armes (généralement, jeunes ou même très jeunes, ou se trouvant dans la misère)

14. de criminels ou d’anciens détenus russes amnistiés en échange de leur accord pour devenir mercenaire en Ukraine (nous en avons déjà vu beaucoup, mais leur nombre va BEAUCOUP augmenter) source : blog  Ukraine@war.

15. de spetsnaz russes (qui se font très rarement filmer) et sont utilisés afin de faire pencher la balance en faveur des russes lors des combats)

16. d’agents du FSB (qui vérifient et contrôlent)

17. de généraux russes qui coordonnent le « cessez-le-feu » du SUR LE FRONT DU CÔTÉ UKRAINIEN

18. de journalistes bien implantés sur place, qui travaillent pour la propagande (eux aussi, se font former et « entrent dans le groupe »)

19. de chefs de guerre (tout le commandement et toute la gestion sont concentrés entre les mains des Russes)

À part cela, la Russie a créé les marques « RPD », « RPL » et « Novorossia »qui sont attribuées à toutes ces formations militaires, un peu au hasard

Enfin, les grades, les signes de distinction de l’armée les marquages tactiques sont utilisés de façon peu cohérente, ce qui complique la situation.

Les discussions vont bon train sur les réseaux sociaux sur « comment appeler ces formations militaires » : « rebelles/insurgés », « séparatistes », « séparatistes pro-russes », ou « armée russe ». Plusieurs médias refusent de les qualifier « d’armée russe » vu que les habitants locaux participent aux combats, ainsi que les troupes de « combattants » que l’on a du mal appeler « armée » car nous avons une image tout à fait différente de l’armée.

Et pourtant, C’EST EXACTEMENT AINSI QUE LA RUSSIE MÈNE CETTE GUERRE !

C’est fait exprès ! L’armée russe est une armée HYBRIDE qui cherche à se fondre dans l’environnement local. Voilà pourquoi, on a du mal à la reconnaître.

Poutine n’a pas besoin du Donbass en soi. Il n’en a jamais eu besoin.

Poutine a besoin de toute l’Ukraine, divisée et contrôlable.

Pour l’instant, il n’y arrive pas : l’Ukraine ne s’est pas divisée et il ne la contrôle pas.

TOUT devient champ de bataille dans cette guerre : l’espace informationnel, le marché des devises, les organisations internationales, etc.

Les combats dans la zone d’Opération Anti-Terroriste ne sont que l’un de ces champs. Plus encore ce champ-là n’est plus prioritaire pour la Russie et passe au second plan. Aujourd’hui, c’est le lieu où la Russie se fournit en images télé afin de les utiliser dans la guerre d’information et pour avoir le prétexte pour le bluff et le chantage qui sont l’essence de la politique étrangère de la Russie

La Russie ne fait plus rien d’autre, depuis longtemps.

Traduction de Viktoria Mait, révision de Marc de la Fouchardière

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