
Après la chute de Debaltseve, le 19 février – quatre jours après que le cessez le feu convenu à Minsk soit entré en vigueur – la zone des combats est restée relativement calme pendant un certain temps, ce qui suggère que la Russie est passée de la guerre à des efforts politiques et diplomatiques visant à déstabiliser l’Ukraine. Cependant, la guerre en Ukraine a eu beaucoup de phases d’accalmie et d’exacerbations, et la phase actuelle de calme relatif ne peut pas durer. La Russie a mené des manœuvres militaires de grande envergure en mars 2015. Habituellement, de telles manœuvres sont une couverture pour les rotations de troupes. Beaucoup de formations quittent les casernes. Certaines vont revenir après les manœuvres, certaines se dirigeront vers le Donbass, et d’autres vont rentrer d’Ukraine. Les services de renseignement occidentaux estiment qu’il est difficile de savoir qui est où. La Russie tente de cacher son engagement militaire, de sa société civile, en cela qu’elle ne déploie pas les mêmes unités militaires dans la zone de guerre pendant une longue période. Le Royal United Services Institute a constaté qu’un nombre croissant de formations russes est utilisé pour fournir des troupes et du matériel aux rebelles du Donbass afin de maintenir le petit nombre de décès par garnison. La saison des combats de l’hiver est terminée, et si la Russie veut mener une offensive de printemps avec des troupes « fraîches », elle a besoin de leur mise en place en mars et avril. En outre, l’option de l’escalade militaire ne peut pas être exclue. Par conséquent, l’Occident ne devrait pas rester inactif, mais devrait envisager ce qu’il peut faire pour dissuader la Russie de reprendre à nouveau la guerre, et que faire si la dissuasion échoue.
Situation actuelle
L’Ukraine fait face à une situation militaire très difficile après l’annexion de la Crimée. En avril 2014, la Russie a déployé environ 150 000 soldats à la frontière russo-ukrainienne. Environ la moitié des forces étaient des forces paramilitaires du ministère de l’Intérieur et du Ministère des situations d’urgence de la Russie. Cela montre que la Russie envisageait occupation de l’Ukraine et la mise en place d’un régime d’occupation. Les forces armées ukrainiennes étaient à leur plus bas niveau historique. De l’ensemble de l’armée ukrainienne (environ 41 000 hommes), pas plus de 6 000 étaient jugés aptes au combat. La mobilisation initiale a apporté plus de 10 000 soldats supplémentaires. Aucune unité blindée n’a pu quitter les casernes en raison du manque de carburant et d’un mauvais entretien. Ceux envoyés dans le Donbass étaient dans un état lamentable. La chaîne d’approvisionnement était inexistante, tout comme la détermination et la discipline. Les services de renseignement russes étaient bien conscients de l’état des forces armées de l’Ukraine. Ils savaient que la victoire aurait été facile. Cependant, ils ont décidé de ne pas envahir, et d’ailleurs, les russes n’ont pas pris une posture similaire aux frontières de l’Ukraine ni mobilisé les unités paramilitaires de manière aussi significative par la suite. Aujourd’hui, dans le Donbass, les paramilitaires russes ne jouent que des rôles mineurs, tels que l’application de la discipline parmi les troupes russes ou la réparation des infrastructures endommagées. Les forces russes aux frontières de l’Ukraine constituent un complément pour les opérations et entraînent et équipent les volontaires russes. Mais rien ne suggère que les planificateurs militaires de la Russie aient à nouveau envisagé l’invasion complète de l’Ukraine.
La création de forces volontaires (les bataillons dits « bataillons du Maïdan » qui ont ensuite été intégrés dans l’armée ou la garde nationale) et des organisations bénévoles qui fournissent toutes sortes de services pour les forces armées (de l’approvisionnement alimentaire, les pièces de rechange, l’équipement du personnel, des ambulances, des ateliers de réparation des mises à niveau de l’équipement, etc.) ont pris la Russie par surprise. L’Ukraine s’est révélée beaucoup plus résistante à la pression militaire que la Russie ne l’attendait. En outre, les structures informelles sur lesquelles repose l’effort militaire ukrainien, pourraient fonctionner ainsi dans une guerre de partisans. Si l’armée russe pénétrait davantage sur le territoire de l’Ukraine, elle aurait à combattre une campagne d’insurrection qu’elle ne pourrait difficilement se permettre. Les résultats d’une telle campagne seraient incertains. D’où la décision de la Russie d’abandonner l’idée d’une guerre totale en faveur de la guerre limitée. Il est à noter que, tandis que le prix de la guerre totale aurait un coût trop élevé, l’augmentation des enjeux d’une guerre limitée, n’obligera guère Moscou à reconsidérer ce calcul.
Après, l’Ukraine a fait des progrès considérables en repoussant les séparatistes pro-russes à l’été 2014, et devant l’existence menacée des républiques populaires, la Russie a déployé des unités de combat mécanisées régulières contre les forces ukrainiennes à partir d’août. À ce moment, les bataillons de volontaires de la Garde Nationale représentaient la majorité des combattants sur le front du côté ukrainien. L’armée régulière a été principalement engagée dans des fonctions de soutien aux combattants. Les forces volontaires étaient constituées d’infanterie légère essentiellement, et en dépit de leur motivation, elles ne pouvaient pas rivaliser avec les troupes de l’armée régulière et les formations blindées russes. Le massacre des forces volontaires a culminé à la bataille d’Illovaisk, où environ 5000 militaires ukrainiens ont été encerclés. Mis à part le manque d’équipement, la perte est due aux erreurs de gestion tactique et opérationnelle.
En même temps que les forces russes avançaient simultanément aux autres endroits de la ligne du front, la Russie aurait pu pousser ses pions beaucoup plus loin sur le territoire de l’Ukraine, en encerclant Marioupol et en arrivant aux frontières de la région de Donetsk au moins. La Russie a choisi de ne pas le faire. Il suffisait d’infliger une défaite humiliante à Illovaisk et de démontrer que la Russie pouvait à tout moment perturber les opérations militaires ukrainiennes dans l’Est. Après les batailles de septembre-octobre 2014, la guerre est entrée dans une phase temporaire d’accalmie, utilisée par la Russie pour faire des rotations, effectuer le redéploiement et procéder au réapprovisionnement de ses troupes. En raison de l’augmentation des dépenses de défense, de la mobilisation partielle et de l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement (en particulier parce que de nombreuses tâches d’approvisionnement de l’armée ont été confiées à des organismes bénévoles), l’Ukraine a été en mesure d’envoyer sur le champ de bataille beaucoup plus d’unités de l’armée régulière. La saison des combats de l’hiver a commencé avec la bataille de l’aéroport de Donetsk en janvier 2015.
Les soldats ukrainiens, à la fois les forces régulières et les volontaires, ont de nouveau fait preuve de beaucoup de courage et de résistance, mais la bataille pour l’aéroport de Donetsk a révélé des lacunes importantes de l’armée ukrainienne : une mauvaise coordination entre les armes, l’infanterie et l’artillerie, ainsi qu’entre l’armée formelle et les milices de la Garde nationale, un manque de sensibilité pour la situation, des communications insuffisantes sur les changements de la situation tactique et à nouveau des erreurs tactiques opérationnelles. La Russie n’a pas battu les forces ukrainiennes par la force mais pas la tactique. Encore une fois, les forces russes n’ont pas exploité leur victoire pour pénétrer plus profondément en Ukraine. Le même modèle s’est répété dans la bataille pour la poche au sud-est de Debaltseve. Les soldats ukrainiens ont combattu avec bravoure, en particulier dans la ville de Debaltseve elle-même, où l’environnement urbain a réduit une grande partie de l’avantage technique et de leadership des Russes. Mais les forces de l’Ukraine auraient dû être retirées dès que possible ; il était clair que le renflement permettrait à l’armée russe d’encercler de nouveau les troupes ukrainiennes. Le retrait ukrainien a été chaotique : il était « auto-organisé » sur le terrain plutôt que commandé depuis Kiev. L’état de déni de la part de la direction militaire et politique à Kiev jette le doute sur la capacité de l’état-major. Encore une fois, la Russie a exploité l’effet déstabilisateur de la défaite sans avoir à gouverner elle-même de grandes parties de l’Ukraine.
Le comportement militaire russe tout au long du conflit suggère que l’effort militaire fait partie d’une politique de déstabilisation visant à briser la volonté de Kiev de résister aux demandes russes. Par conséquent, la Russie n’a pas besoin de conquérir de grandes parties de l’Ukraine. Elle se contente d’infliger des défaites humiliantes à un faible coût. La Russie estime que l’Ukraine s’effondrera tôt ou tard : politiquement, militairement ou économiquement. Moscou a jusqu’ici sous-estimé la capacité de résistance politique et militaire de l’Ukraine. Mais une nouvelle offensive militaire semble probable si l’Ukraine se révèle être aussi forte économiquement.
Comment la Russie va-t-elle procéder ?
Le calme ne doit pas être pris pour acquis tant que la Russie adhère à cette guerre limitée et (officiellement) non reconnue, elle a besoin de pauses entre les différentes phases de combat. La Russie ne peut pas laisser ses unités dans le Donbass pour très longtemps, parce que les pertes disproportionnées dans les bataillons seraient difficiles à cacher. Donc, elle fait tourner ses brigades et bataillons dans le Donbass. La Russie peut également espérer que l’un des États pro-russes en Europe (l’Autriche, la Hongrie ou la Grèce, par exemple) mettra son veto à une extension des sanctions si le front reste calme.
La Russie veut toujours imposer sa domination sur Kiev. Si la guerre ne concernait que le Donbass, la Russie aurait probablement reconnu les « républiques populaires » en tant qu’États indépendants. Ceci aurait donné à la Russie la possibilité d’afficher ouvertement sa présence dans les « États frères » et de consolider ses gains. Cependant, Moscou a refusé de le faire à plusieurs reprises, ce qui indique que la guerre est juste un instrument de plus pour forcer la soumission de Kiev et qu’elle va donc se poursuivre.
Une guerre non reconnue signifie que la Russie doit s’en tenir à une guerre limitée, ou une guerre d’usure. Toute agression mécanisée plus lourde et en plusieurs étapes en Ukraine révélerait l’implication directe de la Russie dans la guerre à l’opinion intérieure ainsi qu’aux gouvernements étrangers les plus pro-russes. La Russie ferait alors face à l’augmentation des sanctions, au minimum. Les analystes militaires russes sont nerveux à l’idée de ce que les États-Unis feraient dans un tel scénario.
Une offensive totale pour conquérir toute l’Ukraine semble hautement improbable. La Russie n’a probablement pas les ressources nécessaires pour soutenir un régime d’occupation dans toute l’Ukraine, acheter les complicités locales et lutter contre une campagne insurrectionnelle à grande échelle. Une option plus limitée serait la conquête de la Novorossia jusqu’à la rivière Dniepr. Ce scénario laisserait de côté les centres probables de résistance importante et les terrains les plus favorables à la guérilla et augmenterait l’effet de levier pour des négociations avec l’Ukraine sur la « fédéralisation » et la « neutralisation ». Cependant, il augmenterait également les coûts de l’occupation russe et une opération anti-insurrectionnelle serait aussi nécessaire. En outre, les entreprises privées éviteraient probablement de faire des affaires dans la « Novorossia » par crainte de sanctions occidentales, et la Russie devrait alors pomper de l’argent public russe. La Russie ne pouvait pas être sûre que l’Ukraine négocierait avec elle ou que l’Occident ralentirait son soutien politique, militaire et économique – ou même accepterait « l’Ukraine occidentale » dans l’OTAN et l’UE, comme il l’a fait avec l’Allemagne de l’Ouest. Dans ce scénario, la Russie perdrait définitivement le reste de l’Ukraine. Par conséquent, elle va essayer de trouver une solution moins coûteuse pour déstabiliser l’Ukraine sans provoquer une réaction forte de l’Ouest.
Bien sûr la politique la plus probable de la Russie est de mener des offensives limitées contre les forces ukrainiennes, pas nécessairement pour gagner du territoire, mais pour montrer à l’Ukraine que la violence ne prendra fin que selon les conditions russes, et pour renforcer les difficultés économiques de Kiev. La guerre a causé de graves difficultés économiques et maintenir une incertitude quant à l’avenir de l’Ukraine permettra de prolonger ces problèmes. Plus la crise économique durera, plus grande sera la pression sur le gouvernement de Kiev de trouver un compromis. En outre, l’Occident doit pomper de l’argent en l’Ukraine en raison des effets économiques de la guerre, l’incertitude des investisseurs et la politique commerciale de la Russie envers l’Ukraine. Des victoires hautement visibles mais militairement bon marché comme Debaltseve pourraient augmenter la frustration parmi la population ukrainienne, dont la Russie pourrait tirer profit. Par conséquent, des escalades militaires limitées font partie d’une politique de subversion politique, de la guerre commerciale, de l’isolement financier, de la déstabilisation terroriste et de la diffamation politique de l’Ukraine en Occident. La Russie sera flexible dans l’utilisation de sa supériorité militaire et saisira à court terme les opportunités qui se présenteront. Le mécontentement envers les mesures politiques ukrainiennes convenues à Minsk (telles que la loi sur l’auto-gouvernance pour les zones rebelles) pourrait être utilisé pour déclencher des provocations rebelles limitées ou des offensives, et les troupes russes attendront pour exploiter la réponse ukrainienne.
La Russie n’a pas l’intention de mettre fin rapidement à l’impasse. La Russie sait que, même si son économie se détériore, celle de l’Ukraine se détériore plus vite encore. À un certain point, la Russie va probablement réussir à stabiliser son économie nationale. Une victoire militaire rapide coûterait très cher à la Russie. Mais plus la guerre continue longtemps, plus c’est l’occident qui en paie le coût. Si l’Ukraine devait effondrer après plusieurs années de soutien occidental futile, cela dissuaderait l’Occident de tenter de soutenir toute nouvelle « révolution de couleur » dans l’étranger proche de la Russie.
Le mythe de la domination de l’escalade de Russie
Les responsables politiques occidentaux, en particulier en Europe occidentale, disent souvent « qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit ». L’expression est trompeuse et défaitiste. Tous les conflits militaires se terminent par des accords diplomatiques mais c’est la situation militaire qui dicte les termes de l’accord. Et tant que l’Occident se retient de tout engagement, la Russie peut poursuivre son propre agenda militaire.
En outre, l’idée que la Russie va intensifier le conflit dès que l’aide létale occidentale arrivera à Kiev est sans rapport avec la réalité. Dans la propagande russe, la Russie est déjà engagée en Ukraine dans une guerre par procuration contre l’OTAN, les États-Unis ou une conspiration occidentale. La Russie ne se soucie pas de savoir si ses mensonges sont « confirmés » ou non par les actions de l’Occident. La Russie se retient de l’escalade totale en raison des coûts, pas du comportement occidental. La rhétorique agressive de la Russie vise à effrayer l’Occident. Plus l’Occident prend sérieusement les menaces vides de Moscou, plus elles sont efficaces. Le problème pour Moscou est que tant que les États-Unis sont en mesure de transférer des forces sur le continent européen, l’Occident sera capable de monter une réponse militaire à laquelle la Russie ne peut pas répondre. La Russie sait qu’elle perdrait une grande guerre contre l’Occident. Mais cette situation pourrait changer si la Russie divisait l’Occident, notamment en divisant les États-Unis et l’Europe. Et la Russie sait que les décideurs occidentaux hésitent à recourir à des moyens militaires. La Russie utilise donc des menaces militaires comme moyen d’intimidation.
Les menaces nucléaires par exemple visent à briser l’unité et la volonté occidentale de réagir à l’agression russe. Depuis 2008, les hauts responsables russes ont menacé de recourir à des frappes nucléaires profondes contre des cibles à haute valeur sélectionnées si l’Occident devrait intervenir dans un conflit dans le voisinage immédiat de la Russie. Vladimir Poutine a joué ce jeu pour la première fois lors de l’annexion de la Crimée, avec ses remarques sur la mise en état d’alerte des armes nucléaires de la Russie. Dans le passé, la rhétorique agressive sur l’utilisation préventive des armes nucléaires faisait partie d’une stratégie d’intimidation pour dissuader l’Europe de s’engager dans la « sphère d’influence » de la Russie. Mais l’Occident pourrait même aller jusqu’à une guerre nucléaire au détriment de la Russie. La Russie fait le pari que dans un conflit nucléaire, ce serait l’Occident qui baisserait les armes en premier.
Toutefois, si la Russie estime qu’elle ne peut pas dissuader l’Occident avec ce type de menaces, elle ne fera rien pour faire dégénérer davantage la situation. L’Occident possède la domination dans l’escalade ultime. Et tant que l’Occident est ambigu sur le soutien qu’il fournira à Kiev, la Russie doit être prudente sur les risques qu’elle est prête à prendre.
Les options de l’Europe
Le cessez-le feu est susceptible de se briser une fois que les troupes russes en Ukraine orientale auront tourné, se seront renforcées et réapprovisionnées, et l’Occident a donc besoin de réfléchir plus largement sur la façon de mettre fin à la guerre russo-ukrainienne.
Une politique peut être de renforcer la capacité de l’Ukraine à infliger des coûts aux forces russes, ce qui rendrait beaucoup plus difficile pour la Russie de nier son niveau d’implication. Les partisans de la fourniture de l’aide létale ont tendance à oublier que la formation et la doctrine sont tout aussi importants. La formation du personnel militaire ukrainien en Occident a commencé sur une petite échelle. La brigade commune polono-ukraino-lituanienne ainsi que des initiatives de formation américaines et britanniques vont également accroître le professionnalisme des militaires ukrainiens. Cependant, la formation et l’éducation auront besoin de temps pour prendre effet. La réforme de la défense que Kiev a entreprise depuis janvier n’a jusqu’ici donné que peu de résultats. Kiev a besoin de comprendre que compléter les structures officielles par des volontaires non gouvernementaux a atteint ses limites: l’Occident ne peut pas livrer des armes lourdes aux organismes bénévoles pour des raisons juridiques. Une réforme profonde et l’épuration du ministère ukrainien de la défense sont nécessaires, le plus efficacement sous la supervision et avec la participation de cadres occidentaux.
D’autres options sont le déploiement de personnel militaire à l’Ukraine, soit sous la forme d’une force de maintien de la paix, soit comme une mesure de garantie unilatérale. Les enjeux pourraient être augmentés pour la Russie en outre par une garantie ambiguë de la souveraineté de l’Ukraine qui n’encouragerait pas Kiev à se livrer à des actions offensives, mais qui menacerait la Russie d’une réponse militaire occidentale en cas d’agression, semblable aux garanties américaines pour Taiwan. Ces mesures semblent drastiques maintenant, et sont probablement au-delà du seuil d’acceptabilité pour les opinions publiques occidentales. Mais les gouvernements européens, en particulier, doivent se rendre compte que plus ils s’abstiennent de lutter efficacement contre l’agression russe, plus la Russie va devenir audacieuse dans l’annonce et l’exécution des menaces sur les pays voisins.
Traduit de l’article en anglais « Russia’s military options in Ukraine », rédigé par Gustav Gressel, collaborateur scientifique auprès du Conseil européen des relations étrangères (European Council on Foreign Relations, ECFR).
Version française par Marc de la Fouchardière pour InformNapalm.









