L’accord signé à Minsk par les Présidents français, russe, ukrainien et la Chancelière allemande, est un accord à minima, qui ne règle rien sur le fond. Bien sûr cet accord réaffirme l’intégrité territoriale de l’Ukraine… après avoir perdu la Crimée et une grande partie du Donbass.
Autre points inquiétants :– Lors du retrait des armes, création d’une zone tampon qui est passée de 30 kilomètres lors de Minsk 1, à 50 voire 140 kilomètres aujourd’hui et elle démarre à la ligne de front actuelle !
– le document prévoit la libération de tous les prisonniers et otages, mais Moscou a déclaré, ce jour, que cela ne concernait pas le cas de Nadia Savchenko !
– Au mieux, le contrôle de la frontière russo-ukrainienne par les autorités ukrainiennes ne sera effectif qu’après des élections locales dans le Donbass occupé qui devront avoir lieu avant la fin de l’année. Donc jamais !
– Cerise sur le gâteau : l’Ukraine doit prendre en charge la reconstruction du Donbass et les frais de fonctionnement, le paiement des fonctionnaires, des retraités etc. mais c’est la mafia locale russophone qui dirige l’Oblast. Bref l’Ukraine prend en charge le Donbass mais c’est la Russie qui en est le maître.
– Dernier point : à aucun moment la Russie n’a voulu endosser le costume de pays agresseur. Poutine a réussi à faire admettre à tous qu’il était venu à Minsk avec le statut de facilitateur, d’intermédiaire entre le DNR, la LNR et l’Ukraine, d’après lui, maintenant le pouvoir ukrainien doit négocier directement avec les terroristes russophones du Donbass. Donc si demain la situation dégénère, Poutine et la Russie ne seront pas en cause toute la responsabilité repose sur les épaules de Porochenko et de l’Ukraine.
Attendons le cessez-le-feu du 15 février, mais il faut savoir, qu’aujourd’hui, pendant les négociations 50 chars russes ont franchi la frontière ukrainienne. Parfaite illustration du double langage pratiqué par Poutine.
Merkel assure qu’elle ne se fait « aucune illusion » « Nous avons maintenant une lueur d’espoir », a-t-elle dit au sortir de ces longues négociations. Mais « je ne me fais aucune illusion, nous ne nous faisons aucune illusion, a ajouté la chancelière allemande. Il va encore y avoir de gros obstacles devant nous (…)
A mon sens, le grand vainqueur de cette négociation est encore une fois le maître du Kremlin, qui n’a rien lâché, qui n’a rien assumé et qui laisse les mafieux de Donetsk et Louhansk narguer l’Ukraine. TOUT RESTE A FAIRE !
A.T-D, le 12.02.2015







