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Sur les motifs de la présence des unités des forces spéciales russes en Égypte

Les exercices militaires russo-égyptiens qui ont débuté le 15 Octobre, comptent parmi les participants non seulement les unités des Forces aéroportées russes mais aussi les soldats des unités des forces spéciales.. Ceci est démontré par l’analyse IMINT [1] des photos et des vidéos faites sur les lieux où se passent les exercices militaires.

Le transfert des militaires russes a été effectué par 5 avions Il-76MD depuis Dyaguilevo (la région de Riazan) à Alexandrie (Burg El-Arab). Officiellement, [2] environ 250 soldats des unités aéroportées et des forces spéciales participent aux exercices, ainsi que des véhicules de combat BMD-2 (6 unités, équipées de systèmes d’ atterrissage), le BTR-D, un camion avec le camouflage et des équipements spécifiques, y compris les véhicules amphibies très maniables.

Les exemplaires qui figurent sur la photo sont différents de « Toulnitchanka » qui a été acheté pour les troupes aéroportées russes . Très probablement , c’est le modèle Stels Guepard ou Yamaha Grizzly  700, qui a été acheté pour l’unité militaire 92154  » Senezh « des forces spéciales [3] .

Beaucoup de membres de troupes russes en Egypte ne portent pas d’insignes qui les identifient. Nous avons constaté ce détail sur la séquence vidéo faite sur les bases militaires El Umaed (où ont lieu les entraînements de tir avec les armes de petit calibre) et Alam El-Khadem.

Cependant, sur la séquence du Ministère de la Défense [4] de Russie, le colonel russe porte le chevron des forces spéciales sur la manche.

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Les documents photographiques, publiés par le Ministère de la Défense russe, indiquent que les troupes russes agissant comme conseillers et formateurs, en témoignent les chevrons sur les manches.

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Cette hypothèse est aussi confirmé lorsqu’on écoute les ordres que donnent les les chefs et qui sont traduits en arabe.

Les données IMINT indiquent que les forces armées égyptiennes ont procédé à une familiarisation des militaires russes avec des armes de petit calibre, qui constituent l’armement de l’armée égyptienne, et qui sont de fabrication américaine et belge.

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En même temps, les militaires égyptions ont testé les armes russes du petit calibre (des lance-grenades, des fusils de sniper ) et des mitrailleuses de gros calibre.

Les caractéristiques des terrains de manœuvres font penser que la préparation est ciblée en particulier sur l’acquisition des connaissances pour des opérations de combat en milieu urbain. Même la vidéo montre les Russes mener un combat urbain.

La mission des troupes russes peut aller au-delà des exercices militaires, comme le témoigne une expression utilisée dans la vidéo « les soldats des forces alliées, » et dans le rapport à l’arrivée à l’aéroport, le groupe de participants est appelé « le contingent russe. » La participation des troupes de forces spéciales russes peut déboucher sur une mission d’ assistance militaire [9] , ce qui fait partie de leur compétences. Les forces spéciales de la Fédération de Russie sont habilitées de mener des opérations spéciales incluant la participation des unités de parachutistes et des unités de renseignements (subordonnées à GRU ). . Ainsi, la composition du groupement militaire russe, déployé actuellement en Egypte, peut être considéré comme un groupe de forces spéciales appuyé par des unités aéroportées.

Sa tâche est d’évaluer les possibilités d’actions conjointes et du potentiel de la construction des actions communes. En outre, les Russes partageaient l’expérience des combats dans les zones urbaines (le ratissage de la zone) comme en témoigne l’analyse de la vidéo.

Du côté égyptien, il n’y a que des troupes aéroportées. Ceci indique indirectement la formation aux opérations tactiques avec la participation des unités, acheminées par la voie aérienne et par de petits groupes tactiques. Un accent particulier est mis sur l’entraînemet de sauts en parachute à partir d’une altitude de 2.000, 6.000 et 7.000 pieds à l’aide d’un système de parachute D-10, T-10B, « Crossbow » et MC-5. Les sauts se font de l’avion russe Il-76MD appartenant aux forces aérospatiales russes et des C-130 et CASA appartenant aux forces armées de l’Egypte sur une plate-forme « Tallet » inconnue, située dans le désert avec des dunes de sable jusqu’à 1,5 m. Ces systèmes de parachutage sont utilisés par les troupes aéroportées pour atterrir sur des sites non préparés dans des conditions météorologiques défavorables et à basse altitude.

Conclusions :

Lors des exercices militaires en Egypte, les troupes des forces spéciales appuyées par les parachutistes et les troupes aéroportées de l’armée égyptienne s’entraînent à localiser et détruire les formations militaires dans des conditions des opérations menées dans le désert, avec largage des parachutistes  (des soi disant  groupes tactiques).
Les groupements terroristes ont repris leur activité depuis le 14 octobre, et l ‘élimination de ces cellules terroristes dans le Sinaï, peut être la cible d’une telle opération.

Nous maintenons notre hypothèse de la possibilité d’opérations conjointes en Libye, cependant, si l’offensive intense des troupes gouvernementales est menée à Syrte, cette hypothèse est en partie invalidée. L’objectif prioritaire dans le Sinaï sont les cellules des « Frères musulmans » et seulement après, celles d’ « Al-Qaïda » et de l’EI..

Les préparatifs de l’opération conjointe coïncident avec la visite au Caire, du chef de la sécurité nationale syrienne et sa rencontre avec le chef du renseignement égyptien, Khaled Fawzi. Il y a des raisons de croire que cette réunion, ainsi que la visite des 6 responsables syriens le 16 Octobre au Caire sont liées à la détérioration des relations entre Egypte et Arabie Saoudite, en raison de désaccords qui ont surgi lors du vote de la résolution de l’ONU concernant Alep. Le Caire a soutenu la version russe de la résolution.. Ainsi, en dépit du fait que  les «exercices» conjoints étaient prévus  depuis six mois, les signes politiques de convergence accélérée entre le Kremlin et le Caire se manifestent seulement pendant les 3 derniers mois. Cela donne des raisons de prédire que le Kremlin cherche à renforcer sa position dans cette zone géographique, grâce à des opérations militaires conjointes en supprimant les forces d’opposition.dans l’intérêt des régimes en place. A cet effet, il y a des signes en cours pour la création de la coalition antiterroriste, contrôlée et dirigée par le Kremlin, en opposition à la coalition américaine dans la région.

Par  Anatoly Baronin [10]